Le retour d’un grand

Jean-Dominic Leduc – Journal de Montréal 12-02-12

Peut-être le nom de Siris ne vous dit rien. Pourtant, l’atypique bédéiste est l’une des figures marquantes de la scène alternative du 9e art des années 90, avec les Richard Suicide, Henriette Valium, Simon Bossé,  Julie Doucet et plusieurs autres.

L’artiste a longtemps oeuvré dans l’univers du fanzine. Dès son arrivée comme étudiant au Cégep du Vieux Montréal en 1987, le jeune Siris se voit remettre les reines du fanzine Krypton par son fondateur Éric Thériault. Il a immédiatement la piqure. Tellement qu’il est passé quelques années plus tard du côté de Rectangle, avec Léon Pale Rider.  “J’ai donné 12 ans de ma vie au fanzine, en travaillant fort, sans le sou. J’avais l’impression de vivre sur une autre planète.” L’artiste, qui a brièvement été de passage en Design graphique à l’UQAM a rapidement développé son style direct, vif, urbain.

Imprimés à peu d’exemplaires et ne bénéficiant pas d’un système de distribution adéquat, ces fanzines photocopiés et brochés à la main étaient voués à rapidement disparaître. “Si nous avions eu accès à internet comme la génération suivante des Jimmy Beaulieu, Iris, Philippe Girard et cie, les choses auraient peut-être été différentes.” Réfléchit l’artiste. “Nous n’étions pas fonceurs comme ils le sont. C’est une bonne chose que cette nouvelle génération soit aussi productive et entreprenante. Ça nous pousse nous, les vieux, à essayer d’en faire autant.

Vogue la valise p.119, Siris © La Pastèque - 2012

Vogue la valise p.119, Siris © La Pastèque – 2012

VOGUE LA VALISE

Voulant sortir de l’univers du fanzine et encouragé par un ami, le sympathique bédéiste s’est lancé dans un récit d’autofiction racontant les premières années de vie. Après avoir essuyé de nombreux refus des institutions pour ses projets du troisième tome de Baloney et un premier de Raizin Sec, le Conseil des Arts du Canada lui accorda enfin une bourse pour ce nouveau projet. “J’étais habité par une charge émotive, un trop-plein qui devait sortir.” Explique Siris.

Après une brève collaboration au collectif Et Vlan édité par La Pastèque, Siris leur a présenté 5 planches. “Je suis fier du travail des éditeurs pour ce si beau livre. C’est une consécration que de retrouver mon travail sous cette forme.” Avoue-t-il tout sourire. “Je suis fier de moi aussi.

siris

Sous un aspect graphique très fort à bien des égards, Vogue la Valise réhabilite enfin un artiste qui s’est trop longtemps fait rare. Une voix singulière, doublé d’un immense talent.

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