Talent droit devant

Jean-Dominic Leduc – Journal de Montréal 13-02-26

En seulement deux albums, la jeune illustratrice Julie Rocheleau a su imposer son talent. Aucun doute, La Colère de Fantômas saura séduire un vaste lectorat, de par sa fougue et sa grande beauté.

Après La Fille Invisible publié en 2010 aux éditions Glénat Québec, un premier album célébré par les Joe Shuster Awards, tant pour le scénario d’Isabelle Villeneuve que les couleurs, ainsi que par le Festival de Bande Dessinée Francophone de Québec, avec le prix Réal Filion récompensant un premier album professionnel, la dessinatrice de talent traverse l’océan afin de collaborer avec Dargaud.

Après avoir envoyé un projet d’album qui fut refusé, l’éditeur français la mit en contact avec le scénariste Olivier Bocquet, question de provoquer une rencontre. Après quelques échanges de courriels, ils ont présenté quelques pages du projet Fantômas à l’éditeur, qui donna immédiatement le feu vert.

« J’étais à la fois enchantée par le défi, et quelque peu sous le choc. Fantômas est un personnage mythique de la littérature française, qui fut malheureusement surexploité au cours du temps. » Explique timidement la jeune artiste. « Olivier Bocquet souhaitait y redonner ses lettres de noblesse. Et puis, j’étais étonné qu’on confie la plume à une Québécoise.« 

La colère de Fantômas T.1, Julie Rocheleau et Olivier Boquet, Ed. Dargaud, 2012

La colère de Fantômas T.1, Julie Rocheleau et Olivier Boquet, Ed. Dargaud, 2012

Le résultat est épatant. Le duo, qui en est à sa première collaboration, a su insuffler au feuilleton un dynamisme et une théâtralité déconcertante. Le trait de Julie Rocheleau, qui n’est pas sans rappeler celui de Lorenzo Mattotti et Cyril Pedrosa, sublime avec aplomb le plus mythologique des vilains. « Au départ, je craignais une mise en boîte de l’éditeur, car mon trait n’a rien d’académique. Il était hors de question pour moi de lorgner du côté classique à la Blake et Mortimer ou Adèle Blanc-Sec. Heureusement, Dargaud nous a donné carte blanche. Et puis, je dois avouer que j’étais septique au point de départ. Mais j’ai rapidement pris plaisir à me lancer dans l’aventure. » Le plaisir est palpable à chaque page.

FORMATION

Comme plusieurs illustrateurs de bande dessinée, Julie Rocheleau est issue du milieu de l’animation. Une excellente école, selon elle. « Aussi, rien n’est plus formateur que de lire les grands maîtres du 9e art. J’ai tout à apprendre. » Lance-t-elle humblement.

Les échos de l’Europe sont excellents, tant du côté des libraires que des médias. Julie Rocheleau souhaite de tout coeur que les lecteurs suivent. Car les retombées du premier album influeront sur la suite du projet, prévue en trois triptyques.

Suis d’avis que les grandes qualités du premier album sauront convaincre.

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